"BANCS PUBLICS - VERSAILLES RIVE DROITE" de Bruno Podalydès [Les films de la semaine] Un nouveau film noir de Mann et un film choral signé Podalydès (lire plus bas)Mes derniers COUPS de COEUR : Bancs publics, Versailles Rive Droite, la comédie décalée de Bruno Podalydès, Whatever works, un Woody sans perdre Allen, Jaffa de l'israélienne Keren Yadaya, fine mise à nu de l'hypocrisie et du mensonge, Dauphins et baleines 3D, nomades des mers de Jean-Jacques Mantello, ode à la beauté de ces mammifères marins en danger, Home, le document indispensable de Yann Arthus-Bertrand sur l'état de notre planète, Etreintes brisées de Pedro Almodovar avec une Pénélope Cruz sublime, Clara de l'allemande Helma Sanders-Brahms grace au maestria de ses interprètes, Good morning England, le film bien rocké de Richard Curtis, Le sens de la vie pour 9,99 dollars, le film d'animation, fables d'humour noir et de cruauté de l'israélienne Tatia Rosenthal, Dans la brume électrique, l'enquête américaine menée de main de maître par le français Bertrand Tavernier, Welcome du français Philippe Lioret avec un Vincent Lindon justement bien font partie de mes derniers COUPS de COEUR.
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***j'aime bien **on peut encore recommander
(ma critique en violet italique)
LES NOUVEAUX FILMS
Parmi les sorties de cette semaine, on peut voir notre Marion Cotillard jouer les amantes de Johnny Depp /John Dillinger dans "Public enemies", un policier juste bien enlevé ou observer le monde à partir des "Bancs publics" très "Tatiesque" de Bruno Podalydès ou peut-être découvrir "Amorosa soledad", film argentin avec l'intriguante Inès Efron ("XXY")
**** Bancs publics, Versailles Rive Droite de Bruno Podalydès (France, 1H50) avec Florence Muller, Denis Podalydès, Bruno Podalydès. L'histoire : Une vive émotion s'empare de trois secrétaires lorsque celles-ci découvrent sous une fenêtre de l'immeuble qui fait face à leur bureau, une banderole noire où l'on peut lire "HOMME SEUL". Appel au secours d'un candidat au suicide ou technique de drague extrême ? Critique choisie : "Une oeuvre unique : Toute la réussite de ce film tient donc en ce point essentiel : Bruno Podalydès y décrit le quotidien de personnages familiers, qu'il s'agisse d'un voisin, d'un marchand ou d'un collègue, et tente de savoir ce qui se cache en chacun d'eux. Une oeuvre personnelle et donc originale, simple mais d'une richesse fascinante. Une invitation à s'assoir et à observer le monde qui nous entoure." [Gilles Botineau, dvdrama.com]. Mon avis : Comme si Jacques Tati avait été dialogué par Bertrand Blier. Si certains critiques égratignent le film, c'est que Podalydès traite des choses essentielles avec l'absurde qui ne fait pas bon ménage avec ces critiques hexagonaux "rationalistes" et patentés qui aiment surtout à deviser - souvent pour leur seul plaisir - des films "petits bourgeois" dont le cinéma français est trop prolixe. Je recommande donc ces "bancs publics" pour se reposer des autres.
***Public enemies de Michael Mann (Etats-Unis, 2H10) avec Johnny Depp, Marion Cotillard, Christian Bale. Johnny Depp campe un gangster dans l'Amérique de la Grande dépression, aux côtés de Christian Bale et de la Française Marion Cotillard, dans ce polar efficace mais quelque peu dépourvu d'âme, signé par l'Américain Michael Mann. Basé sur le livre éponyme de Bryan Burrough, le film raconte la brève mais intense carrière criminelle de John Dillinger, célèbre braqueur de banques de Chicago, de sa sortie de prison en mai 1933 à sa mort à 31 ans en juillet 1934. Emprisonné pendant dix ans après un premier vol, il mène avec sa bande des attaques à travers tout le Midwest, qui font rapidement de lui "l'ennemi public numéro un" pour le Bureau of investigation, l'ancêtre du FBI. Le film relate en parallèle une série de braquages, la romance de Dillinger avec une jeune femme aux origines modestes, Billie Fréchette, et la traque menée par son ennemi, l'agent Melvin Purvis. Se reposant sur la capacité de Johnny Depp, toujours impeccable, à donner une crédibilité immédiate à son personnage, Mann saisit celui-ci dans l'action, tête brûlée intrépide, mais peine à entrer dans la psyché du gangster. Enfin, ni l'histoire d'amour de Dillinger avec Fréchette, ni son duel avec l'homme qui l'abattra, Melvin Purvis, ne prennent un relief particulier. Restent quelques scènes marquantes, où se lit la fascination du réalisateur pour un gangster conscient de bâtir son propre mythe tout en allant à sa perte. Mon avis : Juste un policier bien enlevé. Pour les fans de Johnny Depp et Marion Cotillard, notre frenchy affranchi.
- "Surfwise" documentaire de Doug Pray (Etats-Unis, 1H33). "Surfer au milieu des requins est moins dangereux que d'aller à l'école", tel fut le credo de Dorian Paskowitz, un médecin hawaïen aujourd'hui âgé de 88 ans, passionné de surf et père de neuf enfants, héros de ce documentaire. Par amour du surf auquel il s'est voué corps et âme, ce médecin diplômé de Stanford a troqué, à la fin des années 1950, sa vie bourgeoise pour une existence marginale de nomade, voyageant sans répit d'une plage à l'autre, à bord d'un petit camping car, avec femme et enfants. Célèbres à Hawaï où ils symbolisent "l'essence de la glisse, la camaraderie, la culture de la vague", les Paskowitz se dévoilent au fil de ce passionnant documentaire. Rythmé et drôle, riche de nombreux témoignages et d'excellentes interviews, le film relate les conflits entre les enfants devenus adolescents, les privations, mais aussi les brutalités du père, tyran à l'occasion.
- "Après l'océan" d'Eliane de Latour (France, 1H48) avec Fraser James, Marie-Josée Croze. "Le guerrier ne peut pas revenir sans rien", dit une légende africaine. "Après l'Océan" propose un voyage authentique au coeur de l'immigration africaine sous un angle original, celui du retour au pays. Neuf ans après "Bronx-Barbès" sur les gangs de rue d'Abidjan, la réalisatrice Eliane de Latour est revenue en Côte d'Ivoire pour conter le destin de ceux qui s'expatrient de l'autre côté de la mer. Servi par un bon jeu d'acteurs et des dialogues originaux, son film évite les clichés exotiques et le pathos pour restituer avec authenticité cette aventure humaine, malgré un scénario un peu confus et quelques plans trop esthétisants.
- "Amorosa soledad" de Victoria Galardi et Martin Carranza (Argentine, 1H16) avec Inès Efron, Nicollas Pauls, Fabian Vena. Une jeune femme au tempérament vaguement artiste, sensible et hypocondriaque dénommée Soledad (ou "Solitude") vient de se faire plaquer. A peine a-t-elle décidé de rester seule pendant "deux, trois ans" que le destin jette dans ses bras un sympathique architecte. Impeccablement interprétée par Inès Efron - jeune talent argentin remarqué dans "XXY" de Lucia Puenzo -, cette héroïne gaffeuse intrigue le spectateur.
- "Girlfriend experience" de Steven Soderbergh (Etats-Unis, 1H25) avec Sasha Grey, Chris Santos. Call-girl de luxe à Manhattan, Chelsea propose à ses clients d'être leur compagne pour un soir : c'est la "girlfriend experience". Elle gagne bien sa vie mais ses multiples rencontres lui réservent quelques surprises.
- "Bambou" de Didier Bourdon (France, 1H37) avec Didier Bourdon, Anne Consigny, Pierre Arditi. Cadre dans une banque, Alain aimerait avoir un enfant avec Anna, sa femme pianiste. Alors que celle-ci part en tournée, Alain se retrouve seul avec le cocker que le couple vient d'adopter.
- "Parque via" d'Enrique Rivero (Mexique, 1H26) avec Nolberto Coria, Nancy Orozco. Beto est le gardien d'une maison à Mexico, restée vide depuis plusieurs années, où il a longtemps été domestique. La solitude des dix dernières années, la monotonie et la routine de son travail l'ont incité à mener une vie recluse.
- "Toy boy" de David Mackenzie (Etats-Unis, 1H35, avertissement publics sensibles) avec Ashton Kutcher, Anne Heche, Magarita Levieva. Nikki multiplie les conquêtes et vit de ses charmes, aux frais d'une riche avocate d'Hollywood. Un jour il tombe amoureux d'Heather, une jolie serveuse qui vit de la même façon que lui.
Films sortis précédemment (liste non exhaustive)...
**** Whatever works de Woody Allen (Etats-Unis, 1H32) avec Evan Rachel Wood, Henry Cavill, Larry David. Après avoir tourné à Londres et à Barcelone, Woody Allen est revenu chez lui à New York filmer cette petite comédie sur le rôle du hasard et des déterminismes sociaux dans le mystère de l'harmonie conjugale. Misanthrope, hypocondriaque, présomptueux, cynique, borné, vieux et boiteux, Boris Yellnikoff a tout pour plaire. Après avoir enseigné en faculté et "presque reçu le Prix Nobel", il a quitté une femme de caractère, séduisante et cultivée, pour dégringoler résolument l'échelle sociale. Lorsque la jolie Melody, une jeune écervelée tout juste débarquée à New York, lui demande l'hospitalité, il se surprend à apprécier sa compagnie, formant avec elle le plus improbable des couples... Mon avis : Un délice de mots et de situations. Un Woody sans perdre Allen ! Critique choisie : "Retour gagnant à New York pour Woody Allen, avec une comédie aux accents de Capra (...) On a parfois l'agréable impression de découvrir un inédit qui nous aurait échappé dans sa filmographie quelque part entre "Zelig" et "Brodway Danny Rose" [Les critiques clunysiennes]
** Dans tes bras de Hubert Gillet (France, 1H25) avec Michelle Laroque, Martin Loizillon, Catherine Mouchet. Louis, seize ans, part à la recherche de sa mère, qui l'a abandonné alors qu'il était âgé de quelques semaines. Bravant la réticence de ses parents adoptifs, il prend la direction du Sud. Après avoir épié sa mère dans la boutique de fleurs où elle travaille, il lui déclare être son fils. Bouleversée par ce retour brutal, Solange nie. Louis s'acharne.
- Rebelle adolescence d'Alison Murray (Etats-Unis, 1H31, titre original: "Mouth to mouth") avec Ellen Page, Natasha Wightman, Eric Thal, August Diehl, Diana Greenwood, Beatrice Brown. Adolescente un peu perdue, Sherry croit avoir trouvé une famille au sein d'une bande de jeunes, Le Spark, qu'elle suit à travers l'Europe, de technivals en petits boulots. Mais leur leader règne sur le groupe par la violence, le travail forcé et les châtiments. Sherry se retrouve prise au piège de qui ressemble à une secte.
- Le chien de Christian Monnier (France, 1H20) avec Florian Frin, Marie Le Cam, Jean-Marc Le Bars, Régis Ivanov, Rémi Bichet, Nathalie Cannet. Kevin vit avec Jean-Claude dans une ferme isolée. Les deux hommes cohabitent dans un mutisme déroutant. Ils font la rencontre de Michèle.
- L'âge de glace 3 : Le temps des dinosaures, film d'animation de Carlos Saldanha (Etats-Unis, 1H40, titre original: "Ice age : Dawn of the dinosaurs"). Les mammouths Manny et Ellie attendent leur premier enfant, tandis que Diego le tigre redoute d'avoir perdu ses instincts de prédateur. L'écureuil Scrat fait la rencontre d'une charmante congénère qui lui dispute sa noisette à coups de battements de cils. Lorsque, traversant une couche de glace, les amis basculent dans un monde souterrain peuplé de dinosaures, ils rencontrent une fouine aux allures de pirate dénommée Buck. C'est alors que Sid, qui a trouvé trois oeufs de dinosaures, se croit mieux à même de les élever que leur mère, un terrifiant tyrannosaurus rex. Un scénario de bric et de broc qui multiplie intrigues secondaires et genres divers pour ce troisième opus, aux gags toutefois souvent bien calibrés.
- Le hérisson de Mona Achache (France, 1H40) avec Josiane Balasko, Garance Le Guillermic. Une concierge revêche, une gamine surdouée et un Japonais énigmatique: de la rencontre improbable de ces trois personnages sous la caméra de la jeune réalisatrice Mona Achache naît ce joli film sensible, adapté d'un phénomène de l'édition, "L'élégance du hérisson" de Muriel Barbery. Josiane Balasko campe Renée Michel, la concierge ronchonne et secrète, misanthrope à l'extérieur et humaniste à l'intérieur. Garance Le Guillermic est Paloma, la petite fille au regard grave, intelligente mais suicidaire, et Togo Igawa incarne Kakuro Ozu, l'intellectuel japonais curieux, attentif et courtois. L'histoire, une sorte de conte de fées moderne, se passe dans un immeuble Art Nouveau où vivent quelques familles bourgeoises et caricaturales, engoncées dans leurs préjugés. Comme souvent avec une adaptation, le lecteur qui a aimé le livre foisonnant et émouvant risque de trouver au film un léger goût d'inachevé.
Parmi les rééditions :
- Les vacances de Monsieur Hulot de Jacques Tati (France, 1H28) avec Jacques Tati, Nathalie Pascaud, Micheline Rolla, Valentine Carnax, Louis Perrault. Tourné en 1953, le deuxième long métrage de Jacques Tatischeff dit Tati (1907-1982) après "Jour de fête", suit la joyeuse transhumance des citadins qui se ruent chaque année vers la mer, au début des congés d'été. Monsieur Hulot déboule dans sa guimbarde pétaradante et sème la zizanie, qu'il s'essaie au tennis, à l'équitation ou au ping-pong. Silhouette dégingandée penchée en avant, pipe à la bouche et curieux galurin sur le crâne, Tati livre ici l'une de ses inoubliables compositions burlesques, teintée d'un humour tendre qui résiste au temps. Minutieusement restaurée, cette nouvelle version dévoilée au Festival de Cannes 2009 met en valeur la poésie acoustique et visuelle du film.
*** Jeux de pouvoir de Kevin McDonald (Etats-Unis, 2H07, titre original : "State of play") avec Russell Crowe, Ben Affleck, Helen Mirren, Rachel McAdams. "Splendeur et misère des journalistes", tel pourrait être le sous-titre de ce thriller qui met en scène les stars Russell Crowe et Ben Affleck, tourné aux Etats-Unis par l'Ecossais Kevin McDonald, auteur du "Dernier roi d'Ecosse". Adapté de "State of play", une mini-série télévisée produite par la BBC, "Jeux de pouvoir" met en scène Cal McAffrey, un journaliste chevronné au Washington Globe, à qui est confiée une enquête sur la mort suspecte de la jeune assistante d'un politicien ambitieux, Stephen Collins. L'affaire s'emballe lorsque les journaux révèlent que le politicien, vieil ami de Cal, et son assistante étaient amants... Au-delà du jeu des acteurs - mention spéciale à Russell Crowe en vieux routier du journalisme et à la Britannique Helen Mirren en rédactrice en chef à poigne, face à un Ben Affleck un peu falot en politicien - "Jeux de pouvoir" vaut surtout pour son brillant décryptage des conditions de production de l'information. Et sa réalisation léchée. Mon avis : Thriller dans les entrailles des pouvoirs rondement menée.
*** Fais-moi plaisir! d'Emmanuel Mouret (France, 1H30) avec Emmanuel Mouret, Frédérique Bel, Déborah François, Judith Godrèche. Ariane est persuadée que son compagnon fantasme sur une autre femme. Dans l'espoir qu'il se libère de cette obsession, elle lui demande d'avoir une aventure avec cette femme. Lorsqu'il arrive chez l'inconnue, il ne sait pas qu'il s'agit de la fille du Président de la République. La dernière comédie de l'auteur de "Changement d'adresse" et "Un baiser s'il vous plaît". Mon avis : Le plaisir est partagé.
- Sherrybaby de Laurie Collyer (Etats-Unis, 1H36) avec Maggie Gyllenhal, Brad William Henke, Giancarlo Esposito, Sam Bottoms. Ex-droguée, Sherry Swanson vient de passer trois ans en prison. Sevrée, elle décide de reprendre la garde de sa fille, dont son frère et l'épouse de celui-ci ont pris soin.
- Kommunalka documentaire de Françoise Huguier (France, 1H37). La réalisatrice Françoise Huguier s'est invitée dans l'intimité des locataires d'un appartement communautaire - "kommunalka" en russe - à Saint-Petersbourg qu'elle avait photographiés, des années auparavant.
*** Fausta de Claudia Llosa (Pérou, Espagne, 1H33, titre original: "La teta asustada") avec Magaly Solier, Susi Sanchez, Efrain Solis. "Fausta" exalte une culture quechua longtemps méprisée au Pérou et relate avec une grande puissance métaphorique le traumatisme des femmes violées lors des convulsions politiques des années 1980. Il dresse le portrait d'une jeune femme dont la mère a été violée par un soldat pendant les combats entre l'armée et la guérilla maoïste du Sentier lumineux. Fausta vit la peur chevillée au corps: elle souffre d'une maladie transmise par le "lait de la douleur", bu au sein maternel. Sans en dire mot, elle a introduit dans son vagin une pomme de terre qui en germant, barre son corps aux hommes: une femme, lui a-t-on dit, a un jour dégoûté son agresseur grâce à ce stratagème. Lorsque sa mère meurt, Fausta doit gagner l'argent de l'enterrement. Deuxième film de l'Italo-Péruvienne Claudia Llosa, 32 ans, trois ans après son conte coloré, cruel et sensuel "Madeinusa", "Fausta" a remporté l'Ours d'or de la dernière Berlinale. Mon avis : Une oeuvre d'une beauté triste sur une culture trop méconnue; l'actrice principale est remarquable d'expressionnisme. Une réalisatrice à suivre...
- Tellement proches d'Olivier Nakache et Eric Toledano (France, 1H42) avec Vincent Elbaz, Isabelle Carré, Audrey Dana, Omar Sy, François-Xavier Demaison, Joséphine De Meaux. Au bord de la crise de nerfs, un couple ordinaire quitte un magasin suédois de meubles en kit. Après s'être escrimé en vain à monter des étagères, Alain et Nathalie vont dîner chez le frère de celle-ci, avec leur fils, un insupportable gamin. Allergique au décor déprimant des tours de Créteil, en banlieue parisienne, Alain trouve bientôt refuge dans les toilettes. Lorsque Roxane, la jeune soeur hystérique qui travaille avec Nathalie dans la supérette familiale, arrive au bras de Bruno, charmant interne des hôpitaux rencontré le matin, la soirée part à la dérive. A partir de situations banales, "Tellement proches" délaisse le terrain du réalisme pour aller vers une caricature souvent cocasse, à l'humour bon enfant et bientôt franchement loufoque. Grâce à de savoureux numéros d'acteurs, le côté outrancier du film et même l'épilogue lesté de bons sentiments sur le thème "Famille, je vous aime" ne devrait pas décevoir le public de Nakache et Toledano, dont le film précédent, "Nos jours heureux", avait engrangé 1,5 million d'entrées en 2006.
- Piano forest, film d'animation de Masayuki Kojima (Japon, 1H41, titre original: "Piano no mori"). Adapté d'un manga écrit par Makoto Isshiki, "Piano forest" est un joli film d'animation japonais, en forme de sensibilisation à la musique classique occidentale, autour de l'amitié de deux garçons et de leur passion commune pour le clavier. On y suit le parcours de Shûhei, qui se destine comme son père à une brillante carrière de pianiste. Le jeune garçon emménage avec sa famille dans une ville où ses nouveaux camarades de classe lui parlent d'un piano caché au fond d'une forêt: l'instrument, malgré une mécanique hors d'usage, produirait une musique d'une rare beauté... Sur place, Shûhei ne parvient à tirer aucun son de ce clavier. Au contraire de Kai, un gamin des rues intrépide qui, sans avoir suivi la moindre leçon de piano, dompte l'instrument de façon magique. Sans tendresse particulière ni démagogie à l'égard de nos sociétés de compétition, "Piano Forest" suggère que l'accès à l'art relève d'un mystère qui ne se résume pas à la rigueur de l'apprentissage.
*** Amerrika de Cherien Davis (Etats-Unis, Canada, Koweit, 1H41, titre original "Amreeka") avec Hiam Abbass, Nisreen Faour, Melkar Muallem. Palestinienne divorcée et mère d'un adolescent, Mouna part chercher du travail aux Etats-Unis où vit sa soeur, accompagnée de son fils Fadi. Ils vont devoir trouver leur place dans cette "Amreeka" tant rêvée. Mais les Etats-Unis, en guerre contre le "diable" Saddam, ont une étrange conception de l'hospitalité. En sélection à la Quinzaine des réalisateurs 2009, "Amerrika" a reçu le prix de la Fédération internationale de la presse cinématographique pour les sections parallèles cannoises. Mon avis : une histoire d'immigration généreuse traitée avec humour.
- Ce cher mois d'août de Miguel Gomes (Portugal, 2H30) avec Sonia Bandeira, Fabio Oliveira. Au coeur du Portugal montagnard, le mois d'août décuple la population et ses activités : retour au pays, feux d'artifice, karaoké, chasse au sanglier... "Ce cher mois d'août" était en sélection à la 40e Quinzaine des Réalisateurs, en 2008.
- Grido de et avec Pippo Delbono (Italie, 1H15). Une autobiographie filmée du metteur en scène de théâtre et réalisateur italien Pippo Delbono. Il y revient sur des rencontres et des moments importants de sa vie. Delbono évoque son amitié avec Bobò, un ancien interné psychiatrique membre de sa troupe, la compagnie Delbono, réunion de personnages marginaux, handicapés et rejetés, qu'il a créée en 1986 avec le comédien argentin Pepe Robledo.
**** Dauphins et baleines 3D, nomades des mers de Jean-Jacques Mantello (Grande Bretagne, 42 minutes) projeté au cinéma de la Géode, à la Cité des Sciences à Paris. Une ode à la beauté de ces mammifères marins, menacés par les activités humaines. Dauphins, cachalots, bélugas, orques, baleines et lamantins, au total douze espèces filmées pour la première fois en trois dimensions, aujourd'hui en danger, évoluent en relief-3D.
**** Jaffa de Keren Yadaya (France, Israël, 1H45) avec Ronit Elkabetz, Dana Ivgy. Dans un petit garage familial de Jaffa, la fille du propriétaire, Mali l'Israélienne, assure la comptabilité et cache à tous sa liaison avec Hassan, un jeune Palestinien que son père emploie comme mécanicien. Alors que tous deux préparent en secret leur mariage, la tension monte entre Meir le frère de Mali et Hassan. Un drame survient... Mon avis : Cinq ans après "Mon trésor" (Caméra d'or du meilleur premier film), Keren Yadaya met à nu très finement les rapports entretenus par les mensonges et l'hypocrisie dans ce huis-clos familial. Une réussite du genre.
- Les beaux gosses de Riad Sattouf (France, 1H30) avec Vincent Lacoste, Anthony Sonigo. Deux ados boutonneux, débordés par leur libido, sont les cocasses héros des "Beaux gosses", le premier film du jeune auteur de bandes dessinées Riad Sattouf, qui a été sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes. Le timide Hervé, anti-star du collège grâce à sa frange trop courte, son acné, son appareil dentaire et ses pulls informes, a pour alter ego Camel, son meilleur pote au look heavy metal. Leur quotidien : survivre à la jungle du bahut, rêver de rouler une pelle aux filles, invoquer Satan dans des séances de spiritisme ou se masturber dans une chaussette face à la page "lingerie" du catalogue de la Redoute. Noémie Lvovsky apporte sa folie douce à l'envahissante mère d'Hervé, une divorcée, dépressive auto-proclamée, qui refuse de couper le cordon ombilical. Moins mordante que ses BD ("Ma circoncision", "Retour au collège", "Manuel du puceau"...), cette petite comédie est fidèle à l'imaginaire de Sattouf et réserve, au-delà de quelques faiblesses de réalisation, des scènes hilarantes.
- Coraline film d'animation de Henry Selick (Etats-Unis, 1H40). Premier long-métrage d'animation 3D relief mobilisant figurines et décors réels, "Coraline" est un conte noir et souvent effrayant pour adultes et (grands) enfants, à la réalisation magistrale signée par l'auteur de "L'Etrange Noël de Monsieur Jack". Coraline est une fillette intrépide et (trop) curieuse qui accompagne ses parents dans une maison peu accueillante, le temps pour eux de terminer l'écriture de leurs romans respectifs. Livrée à elle-même, la fillette trompe son ennui en explorant la vieille bâtisse après avoir fait connaissance avec un étrange chat très amaigri. Un jour, elle ouvre une porte condamnée et est précipitée dans un monde parallèle où tout est mieux que la réalité. Elle y découvre même les doubles de ses parents, nettement plus attentionnés que les vrais. Cet univers merveilleux n'est, bien sûr, qu'un leurre et le rêve se transforme vite en cauchemar... "Coraline" est l'adaptation cinématographique d'un conte de l'écrivain américain et scénariste de bandes dessinées Neil Gaiman, édité en France chez Albin Michel. Le film sort sur 438 copies en France, dont 87 en 3D-relief.
- Soul power documentaire de Jeffrey Levy-Hinte (Etats-Unis, 1H33). Ce film fait revivre l'ambiance de braise de "Zaïre 74", un festival de musiques noires dont l'affiche de légende réunissait James Brown, BB King, Miriam Makeba ou Celia Cruz, dans un stade de Kinshasa. A l'automne 1974, ces trois jours de concerts devaient lancer un autre événement: le match de boxe qui opposa Cassius Clay, alias Mohammed Ali, à George Foreman, pour le titre de champion du monde poids lourds. Foreman étant blessé, ce combat n'aura finalement lieu que six semaines plus tard, comme le raconte un autre documentaire lauréat d'un Oscar: "When we were kings" réalisé par Leon Gast en 1996. Alors monteur sur le film, Jeffrey Levy-Hinte a décidé de relater les coulisses et les moments forts de "Zaïre 74" à partir d'images inédites. Il retrace les préparatifs fébriles, dans le stade de Kinshasa transformé en scène géante pour douze heures de musique traditionnelle africaine, nord-américaine, caribéenne, funk, soul, salsa, R'n'B. Filmé à l'épaule par plusieurs cameramen présents sur scène, "Soul Power" fait aussi vivre le concert et réserve d'innombrables moments forts.
- Sunshine Cleaning de Christine Jeffs (Etats-Unis, 1H30) avec Amy Adams, Emily Blunt. Ex-star du lycée, Rose est une mère célibataire trentenaire qui gagne sa vie en faisant des ménages. Pour pouvoir envoyer son fils dans une école privée, elle persuade sa soeur de monter une entreprise de nettoyage de scènes de crimes.
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**** Home de Yann Arthus Bertrand (France, 2H00) - En quelques décennies, l'Homme a rompu un équilibre de près de 4 milliards d'années d'évolution de la Terre, mettant son avenir en péril. Le prix à payer est lourd, mais il est trop tard pour être pessimiste : il reste à peine dix ans à l'Humanité pour prendre conscience de son exploitation démesurée des richesses de la Terre et changer son mode de consommation. Yann Arthus-Bertrand pose, avec ce film, une pierre à l'édifice à reconstruire. Mon avis : Document indispensable pour prendre conscience de nos humanités.
*** Antichrist de Lars von Trier (Danemark/France, 1H44, interdit aux moins de seize ans) avec Charlotte Gainsbourg, Willem Dafoe - Avec en tête d'affiche, Charlotte Gainsbourg, prix d'interprétation féminine 2009, "Antichrist", d'une grande beauté formelle, est le dernier opus de Lars von Trier, réalisé comme une "thérapie", explique-t-il, au sortir d'une dépression et inspiré de ses rêves et obsessions. Ce long métrage est un cocktail inédit qui mêle imagerie chrétienne archaïque et critique de la psychanalyse pour parler de deuil, de culpabilité, de peurs primales et de pulsions oedipiennes. "Antichrist" s'ouvre sur une étourdissante scène en noir et blanc où un homme et une femme font l'amour tandis que leur petit garçon sort de son lit et les observe. Attiré par la neige qui tombe de la fenêtre ouverte, il bascule dans le vide... Mon avis : Oeuvre forte appuyée par l'interprétation remarquable de Charlotte Gainsbourg. Âmes sensibles s'abstenir (ou pas, selon votre bon vouloir)
- Departures de Takita Yojiro (Japon, 2H11) avec Motoki Mashiro - Dans une province rurale du nord du Japon, Daigo Kobayashi arrive avec son épouse, après l'éclatement de l'orchestre dans lequel il jouait depuis des années à Tokyo. Daigo répond à une annonce pour un emploi "d'aide aux départs", imaginant avoir affaire à une agence de voyages. L'ancien violoncelliste s'aperçoit qu'il s'agit en réalité d'une entreprise de pompes funèbres, mais accepte l'emploi par nécessité financière.
*** Ne te retourne pas de Marina de Van (France, 1H51) avec Sophie Marceau et Monia Bellucci - Sophie Marceau et Monica Bellucci, icônes du glamour, changent de registre et font l'affiche de "Ne te retourne pas", un film psychologico-fantastique signé de la jeune cinéaste Marina de Van, projeté hors compétition au dernier Festival de Cannes. Jeanne (Sophie Marceau), auteur de biographies mariée et mère de deux enfants, veut écrire le roman de sa jeunesse, dont elle n'a aucun souvenir. Dans son appartement, peu à peu, les meubles bougent de place, la décoration des murs change, jusqu'à l'aspect physique de ses enfants. Le bouleversement va aller crescendo, Jeanne-Sophie Marceau devenant Jeanne-Monica Bellucci, qui part à la recherche de son passé en Italie. Mon avis : Jeux d'images troublants servis par une mise-en-scène efficace.
- La Fenêtre de Carlos Sorin (Argentine, 1H15) avec Antonio Larreta, Alberto Ledesma - Au nord de la Patagonie, au coeur d'une hacienda, Antonio, 80 ans, attend. Des rayons de lumière tourbillonnent à travers la fenêtre, des voix et des bruits proviennent de l'intérieur de la maison, comme d'habitude. A l'orée de sa vie, le vieil homme se tourne vers la fenêtre, pour s'évader en pensée et attendre le retour de son fils, éloigné de lui depuis des années...
*** L'aube du monde d'Abbas Fahdel (France, 01h36), avec Hafsia Herzi, Hiam Abbas. Mastur et Zahra ont grandi dans le sud de l'Irak. Juste après leur mariage, la Guerre du Golfe éclate. Mastur est enrôlé de force, envoyé sur le front. Sur le champ de bataille, il se lie d'amitié avec Riad, jeune soldat bagdadi. Mortellement blessé, Mastur fait promettre à Riad de veiller sur Zahra une fois la guerre terminée. "L'aube du monde" met en vedette Hafsia Herzi, César du meilleur espoir féminin en 2008 pour son rôle dans "La graine et le mulet". Mon avis : Une fable moderne superbement filmée. Dommage que les exploitants ne suivent pas. A moins que le bouche-à-oreille fasse son office d'ici son retrait. Courez-y donc vite si vous le voyez près de chez vous ou exigez-le ! Une critique : "Ce premier film du cinéaste irakien Abbas Fadhel est un témoignage précieux sur une ethnie qui se meurt : les Maadans (les Arabes des marais, vivant dans les marécages du sud de l’Irak), qui furent largement exterminés par la dictature de Saddam Hussein. C’est aussi l’occasion de voir la talentueuse Hafsia Herzi se plonger dans un univers cinématographique différent avec la volonté de servir corps et âme un projet filmique. Si cette œuvre impressionne par la picturalité fortement symbolique de ses plans, c’est aussi son défaut : Fadhel, qui est également scénariste, illustre exagérément ses écrits. L’Aube du monde provoque pourtant une grande sympathie grâce à sa volonté de réfléchir l’histoire contemporaine d’un pays par le biais de celle de ses minorités." [critikat.com]
*** Looking for Eric de Ken Loach (Grande-Bretagne/France, 01h59), avec Steve Evets, Eric Cantona, John Henshaw. Eric Bishop, postier à Manchester, traverse une mauvaise passe: déprimé, marié trop jeune et flanqué de deux beaux-fils fainéants et irrespectueux, il juge sa vie ratée. Jusqu'au jour où son idole, Eric Cantona, l'un des joueurs les plus marquants de l'histoire de Manchester United, lui apparaît et se met à le "coacher". Grand fan de foot, Loach, Palme d'or en 2006 avec "Le vent se lève", signe un film émouvant sur l'amitié et la solidarité galvanisées par l'amour du ballon rond. Cette comédie sociale et légère a été très applaudie le 18 mai lors de sa présentation en compétition à Cannes, où elle n'a cependant décroché aucun prix dimanche lors du palmarès officiel. Le film a simplement reçu le prix du jury oecuménique, composé de six personnes (journalistes, critiques, etc.) membres des Eglises chrétiennes. Torse bombé et air impassible, le charismatique Cantona y apporte une irrésistible touche comique en débitant des aphorismes au sens nébuleux, sur le modèle de son célèbre "Quand les mouettes suivent un chalutier, c'est parce qu'elles pensent qu'on va leur jeter des sardines". Ce film est aussi un hommage aux supporters d'origine populaire, tenus à l'écart des stades par les prix prohibitifs des billets au profit de ceux que Roy Keane, autre vedette de Manchester United, avait un jour qualifiés de "mangeurs de sandwichs aux crevettes".
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**** Etreintes brisées de Pedro Almodovar (Espagne, 02h09), avec Pénelope Cruz, José Luis Gomez, Lluis Homar, Ruben Ochandiano, Tamar Novas, Blanca Portillo - Dans l'obscurité, un homme écrit, vit et aime. Quatorze ans auparavant, il a eu un violent accident de voiture dans l'île de Lanzarote. Dans l'accident, il a non seulement perdu la vue mais aussi Lena, la femme de sa vie. L'Espagnol espèrait remporter enfin la Palme d'or sur la Croisette, après avoir reçu le Prix de la mise en scène en 1999 pour "Tout sur ma mère" et le Prix du scénario en 2006 pour "Volver". Mon avis : Pénélope Cruz sublime dans un hommage au cinéma et à ses héroïnes, comme un autoportrait "décalé" de l'enfant terrible du cinéma espagnol et au-delà. Un régal. Il aurait mérité une récompense à Cannes même si le grand public suit quand même.
*** Les enfants invisibles, film collectif de Medhi Charef, Emir Kusturica, Spike Lee, Katia Lund, Jordan Scott et Ridley Scott, Stefano Veneruso, John Woo (Italie, 02h04) - Les destins d'enfants issus des quatre coins du monde vus par de grands réalisateurs. Sept vies contrariées, sept enfances mal aimées ou maltraitées comme autant de témoignages et de prises de conscience de la part des adultes. Mon avis : Grace au talent de ces cinéastes reconnus - les courts d'Emir Kusturica et de Katia Lund, dans leur genre, sont remarquables - , ces enfants-là le sont aussi un peu plus. Dommage que la distribution en salles ne suit pas. On peut espèrer une seconde vie en vidéo.
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**** Clara de Helma Sanders-Brahms (France/Allemagne/Hongrie, 1H44) avec Martina Gedeck, Pascal Greggory, Malik Zidi - La réalisatrice allemande Helma Sanders-Brahms met en scène avec sensibilité les liens singuliers qui ont uni son ancêtre Johannes Brahms à Robert Schumann et à la femme de ce dernier Clara, pianiste virtuose, dans une ode à trois grands musiciens qui bénéficie d'une bande son de qualité. L'actrice allemande Martina Gedeck, remarquée dans "La vie des autres", incarne Clara Schumann, Pascal Greggory se met dans la tête tourmentée de son époux et Malik Zidi prête sa jeunesse à Brahms. Critique choisie : "Ode à la "première star" allemande" [Le Monde] Mon avis : Une romance musicale sans fausse note grace au maestria de ses interprètes. Bravo !
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**** Good morning England de Richard Curtis (Etats-Unis, 2H15) avec Philip Seymour Hoffman, Kenneth Branagh, Nick Frost. En 1966, en plein âge d'or de la pop britannique, la BBC ne diffusait en tout et pour tout que deux heures de rock par semaine. Une poignée de DJ passionnés fonde une radio pirate pour émettre du rock et de la pop, qui finit par rassembler plus de 25 millions d'auditeurs. Radio pirate au sens littéral du terme puisqu'elle émet depuis un bateau en haute mer. Le réalisateur Richard Curtis a par le passé signé le scénario de "Quatre mariages et un enterrement", "Coup de foudre à Notting Hill" ou "Le journal de Bridget Jones". Mon avis : Ça rock fort et les comédiens épatants ! La bande son, elle, nous rappelle que cette musique n'est pas près de sombrer...
*** Je l'aimais de Zabou Breitman (France, 1H52) avec Daniel Auteuil, Marie-Josée Croze, Florence Loiret-Caille. Après "Ensemble, c'est tout" publié en 2004 et porté à l'écran il y a deux ans par Claude Berri, "Je l'aimais" est le deuxième best-seller d'Anna Gavalda adapté au cinéma. Il relate la liaison passionnée d'un homme marié, Pierre (Daniel Auteuil) avec Mathilde (Marie-Josée Croze), une jeune femme rencontrée lors d'un voyage d'affaires et à laquelle il renoncera par lâcheté, mâtinée d'un vague sens du devoir familial. Pierre raconte cette liaison à sa belle-fille Chloé (Florence Loiret-Caille) lors d'une longue confession nocturne, alors que celle-ci pleure la désertion de son compagnon, qui l'a quittée pour une autre. La comédienne Zabou Breitman signe là son troisième long métrage après "Se souvenir des belles choses" et "L'homme de sa vie". Mon avis : Une adaptation sentimentale émouvante grace à l'interprétation remarquable de David Auteuil et de Marie-Josée Croze.
*** El nino pez de Lucia Puenzo (Argentine, Espagne, France, 1H36) avec Ines Efron, Mariela Vitale, Pep Munne. Une jeune fille élevée dans une famille bourgeoise de Buenos Aires projette une fugue avec la jeune femme de ménage paraguayenne employée par ses parents, dont elle est profondément amoureuse. Mais un drame va compliquer leurs projets. Lucia Penzo dont "XXY", un premier film aux ambiances marines, délicat portrait d'une jeune hermaphrodite, avait fait sensation à la Semaine internationale de la critique 2008, adapte ici son propre roman. Lucia Penzo est la fille du cinéaste Luis Puenzo, auteur de "La historia official" sur les enfants volés pendant la dictature militaire (76-83) en Argentine, couronné d'un Oscar en 1985. Critique choisie : "Lucia Puenzo nous offre un film sobre mais intense dans le mélange de ces deux corps féminins. Les deux actrices, Inès Efron et Emme, sont tout simplement lumineuses, gracieuses, et justes (...) Après XXY, El nino pez confirme le talent de Lucia Puenzo cinéaste, qui pratique non pas un cinéma du spectaculaire mais bien plutôt un cinéma passionnel, charnel, un cinéma incarné qui trouve dans le cadre de la caméra matière à s'exprimer." [David A., DVDrama] Mon avis : "Une oeuvre qui vous ne vous laissera pas indifférent(e), ne serait-ce que par les interprétations de ces principales comédiennes. Après "XXY", Lucia Puenzo est une réalisatrice décidemment à suivre... "
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**** Le sens de la vie pour 9,99 dollars de Tatia Rosenthal (Israël, Autriche, 1H18) avec Geoffrey Rush, Anthony LaPaglia - La vie de Dave Peck, un jeune homme au chômage qui pense avoir tout compris du sens de la vie, au point de partir en mission pour partager sa philosophie. Mon avis : Film d'animation en formes de fables d'humour noir et de cruauté drôlement bien modelées. Coup de coeur.
*** La Sangre Brota, "Sang impur" de Pablo Fendrik (France, Argentine, Allemagne, 1H40, Interdit aux moins de 12 ans) avec Arturo Goetz, Nahuel Perez Biscayart, Guillermo Arengo. Arturo, un paisible chauffeur de taxi, doit réunir deux mille dollars dans les 24 heures. Ramiro, son fils ainé, qui l'a quitté quatre ans plus tôt, vient d'appeler à l'aide depuis Houston. Sa femme, Irène, tente de sauvegarder leurs économies. Tout comme l'année d'avant "El asaltante", ce deuxième film de Pablo Fendrik a été sélectionné à la Semaine de la Critique, section parallèle du Festival de Cannes, en 2008. Critique choisie : "Un film “assez violent mais passionnant”" [Télérama]. Mon avis : Du hasard et de la nécessité, chacun y trouve son compte (ou pas). Un thriller "new age" argentin étrange et dérangeant qui ne laissera pas indifférent.
*** Romaine par moins 30 de Agnès Obadia (France, 1H25) avec Sandrine Kiberlain, Pascal Elbé, Elina Löwensohn. Yeux bandés, Romaine se laisse conduire à l'aéroport par Justin, son petit ami adepte des surprises, qui l'emmène découvrir le grand nord québécois pour les fêtes de Noël. Alors que l'avion survole l'Atlantique, la jeune femme, convaincue de l'imminence d'un crash, fait à Justin un aveu qui provoque la rupture du couple, dès l'arrivée à Montréal. Reine de l'indécision, Romaine décide de surmonter ce revers pour prendre sa vie en main. Ce même personnage, créé et interprété par la réalisatrice, était déjà l'héroïne de trois courts métrages sortis ensemble en 1997 sous le titre "Romaine". Mon avis : Un film qui relève la température au baromètre du cinéma comique français. Et Sandrine Kiberlain, on l'aime bien. Alors, ne boudons pas notre plaisir ! Critique choisie : "Une comédie à l'allégresse américaine et au scepticisme français, relevée par un accent québécois incidemment plus sexy que prévu" [Télérama]
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*** Still walking de Kore-Eda Hirokazu (Japon, 1H55) avec Abe Hiroshi, Natsukawa Yui, You, Kiki Kirin, Harada Yoshio. Un jour d'été à Yokohama, une famille commémore la mort tragique du frère aîné, disparu quinze ans plus tôt en tentant de sauver un enfant de la noyade. Sensuel, parfois drôle mais le plus souvent mélancolique et doux-amer, le portrait d'une famille ordinaire, dont les liens se sont distendus au fil des ans. "Still Walking" est la 6e fiction de Kore-Eda Hirokazu, auteur de "Nobody knows" en compétition au Festival de Cannes 2004 et "Distance", présenté sur la Croisette trois ans plus tôt. Critiques choisies : "Tableau de famille aussi cruel que tendre" (Louis Guichard, Télérama) "Chronique familiale toute en subtilité, à la fois très japonaise et totalement universelle" [Les critiques clunysiennes] Mon avis : Au goût de saké, comme une tragédie grecque, les aléas d'une famille humaine que le grand maître Ozu ne renierai pas.
***Coco avant Chanel (France, 1H50) d'Anne Fontaine, avec Audrey Tautou, Alessandro Nivola, Benoît Poelvoorde. Premier des deux films sur Coco Chanel attendus cette année, "Coco avant Chanel", signé Anne Fontaine, évoque le fabuleux destin de cette orpheline pauvre qui révolutionnera la mode, des sombres années d'enfance jusqu'à la consécration à la tête d'une maison de couture. Librement adapté du livre d'Edmonde Charles-Roux "L'irrégulière", le film montre comment, en débit des humiliations, Coco s'est imposée dans un milieu de riches noceurs. Mentant avec aplomb, pratiquant un franc-parler qui détonne, rejetant les conventions y compris vestimentaires, elle rencontre l'homme d'affaires anglais Boy Capel, qui sera l'amour de sa vie. Dans quelques semaines, un deuxième long métrage, réalisé par Jan Kounen, avec Anna Mouglalis, égérie de Chanel, dans le rôle de Coco, évoquera la liaison entre la célèbre couturière et le compositeur Igor Stravinsky. Mon avis : Baleinée ! Malgré le talent d'Audrey Tautou et des images léchées, une oeuvre un peu trop "cousu main" pour vraiment émouvoir; les (grosses) ficelles du cinéma ne prennent pas complètement.
***Les 16 de Basse-Pointe, documentaire de Camille Mauduech (France, 1H48). En 1948, en Martinique pendant une grève, un directeur d'exploitation sucrière, blanc créole, est retrouvé mort dans un champ de canne, assassiné de 36 coups de coutelas. Après une chasse à l'homme de plusieurs semaines, 16 coupeurs de canne noirs sont arrêtés et maintenus en détention préventive pendant trois ans. En 1951 leur procès, renvoyé à Bordeaux avec l'assurance d'un verdict exemplaire, devient le premier procès du colonialisme français aux Antilles. Mon avis : A travers un évènement marquant dans l'Histoire de la Martinique, ce documentaire permet de (re)situer et de comprendre les évènements récents survenus en Outre Mer. Un document.
***Ils mourront tous sauf moi ! de Valeria Gai Guermanika (Russie, 1H25) avec Polina Filonenko, Aghnia Kouznetsova. Vika, Katia et Janna, trois lycéennes moscovites, attendent tout de leur soirée de fin d'année. Cette nuit de découverte déclenchera le passage à l'âge adulte. Présenté au Festival de Cannes 2008, dans une section parallèle, la Semaine de la Critique, "Ils mourront tous sauf moi" a remporté la mention spéciale de la Caméra d'Or. Une critique : Alcool et violences : le portrait sans fard d'une jeunesse russe paumée, remarquée à Cannes (Pierre Murat, Télérama)
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***Let's make money de Erwin Wagenhofer (Autriche, 1H47) - Paradis fiscaux, privatisation des équipements collectifs, spéculation effrénée, surexploitation de la main d'oeuvre, pays africains ruinés par le protectionnisme occidental. Ce documentaire met en lumière les méfaits du néolibéralisme triomphant, aujourd'hui en crise. "Où va l'argent que vous déposez sur un compte bancaire ? Que font les banques lorsqu'elles disent le faire "travailler" ?". Wagenhofer répond à cette question simple mais fondamentale, au fil d'une passionnante enquête qui l'a mené partout : Ghana, Burkina Faso, Inde, Suisse, Espagne, Etats-Unis... Mon avis : (Presque) tout ce que vous avez voulu savoir sur l'argent et ses disciples sans avoir jamais osé le demander. Edifiant et instructif.
****Dans la brume électrique de Bertrand Tavernier (Etats-Unis, 1h57) avec Tommy Lee Jones, John Goodman, Peter Sarsgaard - Ce polar âpre et envoûtant filmé dans le bayou par Bertrand Tavernier met en scène une Louisiane hantée par les fantômes de son passé esclavagiste et dévastée par le cyclone Katrina. En compétition au Festival de Berlin 2009, "Dans la brume électrique" a remporté le Grand prix du festival du film policier de Beaune. Adapté de l'un des meilleurs polars de James Lee Burke, il met en scène un policier d'une petite bourgade perdue de Louisiane, New Iberia. Chargé d'élucider de sordides meurtres de prostituées, il est hanté par le souvenir du lynchage d'un noir, commis sous ses yeux d'enfant dans le bayou. Mon avis : Une enquête dans le sud des Etats-Unis bien ficelée avec un "Maigret à poigne" interprété par le ténébreux Tommy Lee Jones et menée de main de maître par le français Bertrand Tavernier. Coup de coeur.
***OSS 117, Rio ne répond plus de Michel Hazanavicius (France, 1h40) avec Jean Dujardin, Louise Monot - L'action de ce 2e volet des aventures d'OSS 117 tourné au Brésil se passe douze ans après "Le Caire Nid d'Espions", sorti en 2006 et salué par un vaste succès critique et public. Parti sur les traces d'un microfilm compromettant pour l'Etat français, OSS (Jean Dujardin dans un rôle qui lui colle à la peau) doit collaborer avec les services secrets israéliens, le Mossad, et s'allier à leur séduisant agent Dolores (Louise Monot) pour capturer un ex-officier nazi. Le film est bourré de références au cinéma d'action américain mais aussi aux films de catch mexicain des années 60, dit son réalisateur, coauteur du "Grand détournement", un bout à bout d'extraits de films de la Warner, doublés avec des dialogues fantaisistes. Mon avis : Pour ceux que le revisitation décalée des années pop ne fait pas peur, vous passerez un bon moment avec notre cher Hubert. A regarder au second degré pour en apprécier toute la saveur Dujardin.
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***Chéri de Stephen Frears (Grande-Bretagne/Allemagne/France, 1H30) avec Michelle Pfeiffer, Rupert Friend, Kathy Bates - Vingt ans après les "Liaisons dangereuses", le cinéaste britannique Stephen Frears retrouve Michelle Pfeiffer, radieuse en courtisane dans "Chéri", une peinture aigre-douce du Paris de la Belle Epoque. Ce film s'inspire du roman éponyme de Colette publié en 1920 pour dépeindre l'univers des "demi-mondaines". Michelle Pfeiffer incarne la belle et spirituelle Léa de Lonval qui songe à se retirer après une vie passée dans les bras d'hommes fortunés qui se sont ruinés pour le privilège de lui offrir un train de vie luxueux. Peinture d'un milieu très codifié, violence des relations sociales, cruauté de l'amour, virtuosité des joutes oratoires: nombreux sont les points communs entre les "Liaisons dangereuses", adapté par Frears du roman de Choderlos de Laclos et ce "Chéri", tourné vingt ans plus tard. Mon avis : Juste de quoi frémir dans ce "crépuscule des pieux".
****Villa Amalia de Benoît Jacquot (France, 1H31) avec Isabelle Huppert, Jean-Hugues Anglade, Xavier Beauvois. "Villa Amalia" évoque l'errance, après une trahison amoureuse, d'une femme jouée par Isabelle Huppert, d'après le roman éponyme de Pascal Quignard (Prix Jean Giono 2006). Le film débute par une scène nocturne à l'ambiance de polar, où la voiture d'Ann se perd dans l'entrelacs de rues d'une ville de la banlieue parisienne, avant de déboucher devant un pavillon devant lequel un couple s'embrasse. Cette vision furtive de son compagnon dans les bras d'une autre, pousse Ann dans une fuite éperdue. Refusant d'entrer dans la psychologie, Benoît Jacquot filme au plus près de l'action, en particulier lorsque l'héroïne, délestée de toutes attaches matérielles, passe d'un train à l'autre, larguant au hasard sac et vêtements. Mon avis : Dans cette histoire d'une métamorphose, Isabelle Huppert, omniprésente, est tout simplement lumineuse.
****Ponyo sur la falaise de Hayao Miyazaki (Japon, 1H41, pour enfants à partir de 6 ans) - Le maître japonais de l'animation Hayao Miyazaki s'adresse aux plus petits en contant l'histoire toute simple d'une amitié entre un enfant et un facétieux poisson rouge, qui provoque la colère de l'océan. Peuplés d'êtres inquiétants dans le film, les fonds sous-marins abritent le règne d'un mage qui voit d'un mauvais oeil l'amitié naissante entre Ponyo, un petit poisson rouge et Sosuke, un petit garçon solitaire âgé de cinq ans. Ce film était en compétition en septembre 2008 au Festival de Venise, où Miyazaki avait reçu en 2005 un Lion d'or pour 25 ans d'une carrière jalonnée de chefs-d'oeuvre, parmi lesquels "Porco Rosso" en 1992, "Princesse Mononoke" en 1997, ou encore "Le voyage de Chihiro" en 2001. Mon avis : Magique et moral.
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***Wendy et Lucy de Kelly Reichardt (USA, 1H20) avec Michelle Williams, Will Patton, Will Oldham - Wendy, accompagnée de son chien Lucy, a pris la route de l'Alaska dans l'espoir de trouver un petit boulot et commencer une nouvelle vie. Lorsque sa voiture tombe en panne. Critique choisie : "Kelly Reichardt propose avec Wendy et Lucy, une nouvelle virée lo-fi au féminin qui rappelle qu'il existe des réalisateurs assez courageux pour revendiquer une idée du cinéma qui se situe hors des sentiers battus et donc des tiroirs-caisses. (...) C'est du cinéma rêche, visant à l'épure et procédant d'une vision du monde dont tout découle, de la durée des plans à la direction d'acteurs en passant par la parole rare de gens qui ne sont jamais dans le discours" [Romain Le Vern, dvdrama.com]
***Frost-Nixon, l'heure de vérité de Ron Howard (USA, 2H02) avec Frank Langella, Michael Sheen, Sam Rockwell. En 1977, l'affrontement télévisé entre l'ancien président américain Richard Nixon et le journaliste David Frost a battu le record d'audience de l'histoire du petit écran américain pour un magazine d'actualités. Le débat a aussi poussé l'ancien président à faire un aveu qui a stupéfié le monde entier. Cinq nominations aux derniers Oscars. Mon avis : Pour l'Histoire passée, présente et encore à venir : passionnant et instructif.
****Nulle part, terre promise de Emmanuel Finkiel (France, 1H34) avec Elsa Amiel, Nicolas Wanczycki. Des personnages sillonnent l'Europe: un jeune cadre, une étudiante, un Kurde et son fils. En camion ou en business class, avec ou sans papiers, chacun en quête de sa terre promise. Coup de coeur : L'auteur de Voyages filme ici avec autant de sensibilités, le périple de personnages de notre monde d'ultra-solitudes. Etrange et bouleversant. Critique choisie : "Regarder tout droit là où ça fait mal, là où l'on détourne trop souvent les yeux, n'offrant même pas une possibilité d'établir un contact. Nulle Part, Terre Promise affirme magistralement que le contact est possible. Et mieux, que malgré le risque toujours présent, nous avons tout à y gagner." [Laurence Reymond, Fluctuat]
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***Tokyo Sonata de Kiyoshi Kurosawa (Japon, 1H59) avec Teruyuki Kagawa, Haruka Igawa. Un portrait d'une famille ordinaire, au Japon, aujourd'hui. Le père cache à sa famille qu'il vient de perdre son emploi. Son fils ainé est de plus en plus absent de la maison, tandis que le cadet apprend à jouer du piano en secret. Impuissante, la mère assiste au délitement des liens familiaux. "Tokyo Sonata" était en sélection officielle au dernier Festival de Cannes, dans la section Un Certain Regard, où il a remporté le Prix du jury. Mon avis : Très jolie fable tragi-comique où l'on comprend que l'autorité décide - ou pas - de l'identité et du destin de chacun. Par l'auteur de "Cure" et "Kaïro".
****La journée de la jupe de Jean-Paul Lilienfeld (France, 1H28) avec Isabelle Adjani, Denis Podalydès. Sur un thème souvent exploré, la violence ordinaire à laquelle sont confrontés les enseignants de banlieues, Jean-Paul Lilienfeld bâtit un film d'une remarquable intensité, servi par Isabelle Adjani et Denis Podalydès. Professeur de français au collège, Sonia Bergerac prend un jour en otage ses élèves, les enfermant pour un huis-clos dramatique dans une salle en sous-sol. A l'extérieur, les forces spéciales de la police ont pris position et tentent de résoudre le problème sans effusion de sang. Dans le rôle des élèves, une poignée de jeunes comédiens donnent avec conviction la réplique à Isabelle Adjani. Mon avis : L'interprétation d'Isabelle Adjani est à la hauteur du message de tolérance que ce thriller bien dialogué fait passer. Respect.
La première étoile de Lucien Jean-Baptiste (France, 1H30) avec Lucien Jean-Baptiste, Anne Consigny, Firmine Richard. Jean-Gabriel, marié et père de trois enfants, vit de petits boulots et passe son temps au bar. Un jour, il promet à sa famille des vacances au ski. Sa femme menace de le quitter s'il ne tient pas parole. Mon avis : Sans tapage médiatique, cette comédie, au vu des entrées en salles, a semble t-il, comme on dit "rencontré son public"
***Les 3 royaumes de John Woo (Etats-Unis, 2H25, titre original : "Red cliff") avec Chen Chang, Tony Leung Chiu Wai. En l'an 208, l'empereur Han Xiandi règne sur une Chine divisée en trois royaumes rivaux. Cao Cao rêve de s'installer sur le trône d'un empire unifié. Lorsque deux de ces royaumes s'allient, Cao Cao envoie 800.000 soldats et une flotte de 2.000 navires pour les écraser. Le déferlement de puissance et de génie tactique déployé à la bataille de la Falaise Rouge marquera l'histoire de la Chine. Maître du cinéma d'action, John Woo est un réalisateur prolifique qui a signé des thrillers ultraviolents, mais aussi des épopées historiques, telles que "Les 3 royaumes" ou "Battle of Red Cliff". Mon avis : Ruses numériques pour filmer les ruses de guerre. Ue réussite du genre.
***La fille du RER d'André Téchiné (France, 1H45) avec Emilie Dequenne, Catherine Deneuve, Michel Blanc, Mathieu Demy, Ronit Elkabetz - En juillet 2004, une mythomane de 23 ans dénommée Marie Leblanc avait fait croire qu'elle a été agressée par des jeunes d'origine maghrébine et africaine dans une rame du RER D, sous les yeux indifférents des voyageurs. Une "dénonciation de délit imaginaire" - elle avait notamment affirmé que ses agresseurs lui avaient tracé des croix gammées au feutre sur le ventre -, sanctionnée dès le mois d'août, par quatre mois de prison avec sursis. Avant que la jeune femme ne soit confondue par la police, l'affaire, relayée par les médias, avait suscité une vague d'indignation dans le pays et jusqu'à l'Elysée. Téchiné part de ce retentissant fait divers, pour brosser le portrait, quelque peu hors sujet, d'une famille juive bourgeoise. Ma critique : Téchiné sonde avec talent nos solitudes et amène à réfléchir sur nos identités. Emilie Dequenne, en fausse victime légèrement félée, donne à cette histoire vraie une véritable consistance.
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***Une nuit à New York de Peter Sollett (Etats-Unis, 1H29, titre original : "Nick & Norah's infinite playlist") avec Michael Cera, Kat Dennings - Nick, musicien dans un groupe de rock indépendant, sort d'une rupture. Norah vit une relation épisodique avec un musicien égoïste. N'ont-ils pas davantage en commun que leur amour de la musique ? Critique choisie : "Education sentimentale à l'américaine sans les clichés. Un after hours joyeux et ouaté. Délicieux" [Télérama] Ma critique : Une virée adolescente dans la Grande Pomme qui donne plutôt la pêche !
****Welcome de Philippe Lioret (France, 1H50) avec Vincent Lindon, Audrey Dana, Firat Ayverdi, Thierry Godard. De Télérama ("Un film engagé et intense") à Libération ("Un Vincent Lindon irréprochable") en passant par Le Parisien et Le Monde, les critiques sont élogieuses. Le drame de l'immigration clandestine est au coeur de ce film bouleversant et maîtrisé, signé par Philippe Lioret, sélectionné hors compétition au dernier Festival de Berlin. "Welcome" met en scène Vincent Lindon dans le rôle de Simon, un ex-champion de natation devenu maître nageur. Dépressif, Simon s'attache à Bilal (Firat Ayverdi, révélation du film), un adolescent irakien qui a traversé le continent pour rejoindre sa petite amie à Londres. Arrivé à Calais, Bilal a échoué dans sa tentative de passer la Manche caché dans un camion de marchandises. Il décide alors de traverser la Manche à la nage, un dangereux périple que Simon, qui lui donne des leçons de natation, veut le dissuader d'entreprendre. "Welcome" fait la lumière sur les risques pris par les clandestins déterminés à tout pour gagner la Grande-Bretagne et sur leurs conditions de vie précaires depuis la fermeture du camp de Sangatte, fin 2002. Les acteurs livrent une délicate partition. Connu pour son polar "Je vais bien, ne t'en fais pas" ou sa comédie "Tenue correcte exigée", Philippe Lioret fait ici des débuts très réussis dans le cinéma social. Ma critique : "Un scénario éclairant mais pas ampoulé, des plans justes et un Vincent Lindon juste dans une Histoire injuste. A voir JUSTEMENT.
> les films, les salles : www.allocine.fr